Dans ma dernière vidéo ICI je vous avais relaté comment j'avais réussi à découvrir dans quel régiment et où Georges avait débuté la guerre.
En août 1914 nous retrouvons donc Georges soldat au 170ème régiment d'infanterie dans la 16ème compagnie. Alors que tout le reste du régiment prend la route, Georges et sa compagnie sont stationnés dans un fort vosgien.
Dans la page de présentation du Journal de Marches et Opérations du 170 ème régiment d'infanterie il est effectivement bien précisé que la 16ème compagnie dont fait partie Georges reste au Fort d'Arches au début de la guerre.
Extrait du Journal de Marche et opérations du 170ème RI consultable en ligne.
Effectifs du fort au moment de la mobilisation:
Infanterie: 2 officiers et 112 soldats du 170ème RI ( dont Georges)
Artillerie: 4 officiers et 237 soldats du 8ème régiment d'artillerie à pied
Génie et services divers: 3 télégraphistes
Soit un effectif de 388 hommes.
Les 112 soldats et les deux officiers du 170ème RI tiennent le fort d'Arches qui fait partie du rideau défensif de la Haute-Moselle. Il est rattaché à la place forte d'Epinal comme position avancée. Se trouvant au-dessus des villages d'Arches et de Pouxeux, c'est l'un des rares ouvrages à recevoir , à cette période et avant les autres, de nouveaux armements, technologies et renforcements modernes ( poste optique, usine électrique, betonnage armé, ventilation, tourelles de projecteurs....)
Merci à un des membres du forum 14-18 d'avoirs sorti de ses archives cette photo originale du fort. Les canons de 120 L modèle 1878 sont à l'abri des vues derrière le rempart et peuvent être amenés en position grâce à l'emploi d'un treuil et de la rampe inclinée visible.
Si vous avez été attentifs à la photo ci-dessus , vous allez certainement, comme moi, réagir en revoyant la suivante.
Eh oui, maintenant nous savons que non seulement cette photo de Georges date de 1914 quand il était au 170ème RI mais aussi qu'elle a été prise à l'interieur du Fort d'Arches devant l'escalier et le plan incliné servant à hisser les canons sur le parapet du Fort.
En cet été 1914, à 800 mètres du fort où les troupes sont mobilisées, au lieu-dit Haussey-Fosse, il y a une ferme isolée dans une clairière où vit la famille Colin.
Voici un bout d'arbre généalogique reconstitué avec les données dont je dispose actuellement. Les parents Colin, François Colin et Anna Colin ( née Lecoanet) ont 6 enfants. 5 filles ( Marie, Mathilde, Marguerite, Léonie et Valentine) et un garçon ( Georges)
En fouillant les actes d'état civil j'ai découvert qu'en 1914, Marie et Mathilde les soeurs ainées, sont déjà mariées et elles ont donc quitté la ferme. Grâce aux descendants de Georges le fils, qui habitent toujours la ferme, j'ai appris que François le père et donc mon arrière-arrière-grand-père était décédé avant la guerre. Il se serait noyé, ivre, dans cours d'eau du coin, en décembre 1913.
Les témoignages que j'ai pu recueillir évoquent que la ferme Colin fournissait des denrées à l'armée. Ainsi, en ce début de guerre , alors que les soldats traversaient la forêt jusqu'à la ferme pour y chercher du lait, ils pouvaient y rencontrer trois jeunes femmes: Marguerite 23 ans, Léonie 19 ans et Valentine 16 ans mon arrière-grand-mère. Je me permets d'imaginer que les échanges avec les demoiselles Colin rendaient la corvée de lait beaucoup plus attrayante. Je pense aussi le soldat Georges Houot s'est évidemment souvent porté volontaire puisque la suite de la petite histoire dans la grande Histoire nous a montré qu'il était tombé sous le charme de la benjamine, la jolie Valentine.
C'est ainsi qu'à la faveur d'un cantonnement au temps de la première guerre mondiale est née, en 1914, une histoire d'amour dans notre famille.







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