Mobilisé de la première heure à l'âge de 23 ans, comme toute une génération de français, Georges a vécu l'horreur des quatre années du conflit. Depuis l'été 1914 sa douce vit au rythme des cartes que le jeune homme rédige régulièrement et qui la rassurent un temps...Fiancés au tout début de la guerre, les amoureux échangent des mots doux et des promesses, ne se retrouvant que lors de très rares permissions de Georges.
Cartes postales envoyées par Georges à Valentine. Merci à Anne-marie Allegrini pour les copies
La guerre se prolongeant, le gouvernement prend des mesures pour faciliter les unions projetées par les fiancés. Ainsi, à partir d'août 1916, l'Etat accorde des permissions exceptionnelles pour les mariages. En septembre 1918, après quatre longues années d'attente pendant lesquelles la guerre cristallise toutes les peurs, Georges, cantonné avec le 23ème régiment d'infanterie en Alsace, a enfin la possibilité de rejoindre les Vosges pour s'unir à sa belle.
Alors que pour les poilus, les combats continuent dans la Somme et dans l'Aisne où les alliés gagnent du terrain, transportons-nous, plus de cent ans en arrière, à Pouxeux, petite commune vosgienne . Parenthèse dans le conflit pour l'adjudant Georges Houot, ce lundi 9 septembre 1918 est le jour de son mariage avec sa promise Valentine Colin.
Registre d'Etat civil de Pouxeux. Merci à Isabelle Mazingand pour la photo.
Vers 11h30, en ce joli jour, les jeunes mariés sortent de la mairie de Pouxeux, village natal de Valentine, en compagnie de leur famille mais sans leurs pères décédés. André, le frère de Georges alors prisonnier des allemands, manque aussi à l'appel.
Sur la place du village, les habitants de Pouxeux présents peuvent admirer la charmante Valentine au bras de son mari en uniforme.
Mariage de Georges et Valentine Houot le 9 septembre 1918. Merci à Daniel Crochetet pour la photo.
La jeune épouse porte une robe blanche simple raccourcie aux chevilles comme le veut la mode à cette période. Ses soeurs Anna, Mathilde, Marguerite et Léonie et sa maman Anna l'ont-elles aidé à confectionner cette robe blanche pour ce beau jour?
Sa tête et son corsage sont ornés de fleurs d'oranger confectionnées en cire et traditionnelles en ce début de siècle. Si,à cette époque, le long temps de pose pour les photographies ne permet pas de sourire, je suis persuadée que mon aïeule, cette jeune femme de 20 ans resplendit de bonheur.
Exemples de couronnes et bouquets de fleurs d'oranger en cire du début du 20ème siècle.
George, simple fantassin lors de sa rencontre avec Valentine, est maintenant adjudant au 23 ème régiment d'infanterie.Il porte une belle moustache en guidon de vélo obligatoire à l'armée en ce temps-là. Sur sa vareuse bleu horizon sont cousus au bras gauche 6 chevrons de présence au front, les briscards ( 1 pour la première année, chaque autre pour 6 mois supplémentaires, d'où l'expression un vieux briscard).
A vingt-sept ans il a vécu l'ensemble du conflit et s'est illustré personnellement et avec l'ensemble de son régiment pendant cette terrible guerre. Son uniforme est décoré de la croix de guerre étoilée en raison de ses actes de bravoure et de la fourragère aux couleurs de la croix de guerre remise à son régiment en avril 1917.
Sur la croix de guerre et la fourragère, le rouge symbolise le sang et le vert l'espoir.
Qu'il doit être fier, Georges au bras de sa jeune épouse! En ce jour de fête, craint-il pour l'avenir alors que le conflit n'est pas terminé? Repense-t-il à toutes les horreurs qu'il a traversées depuis sa mobilisation? Je ne peux malheureusement plus questionner mes ancêtres mais je suis intimement convaincue que Georges a tenu bon pendant ces quatre années de guerre en partie grâce à l'amour qu'il portait à Valentine. Une belle histoire dans le chaos de l'Histoire.
Photo colorisée par le groupe facebook Généaretouches. Merci à eux.Cet article n'est que le début
d'une série car à partir de cette photo de mariage, de documents glanés et de
quelques cartes postales j'ai décidé de partir sur les traces du soldat
Georges Houot mobilisé dès le 2 août 1914 et, au travers des archives, je me suis égarée dans les
tranchées du premier conflit mondial.
Une belle écriture pour ce début d'histoire que l'on sent déjà bien documentée ! Bravo et au plaisir de continuer à te lire, et t'aider dans la mesure de mon possible
RépondreSupprimerMerci Isabelle pour ton aide et ta lecture
SupprimerJe ne connaissais de mon arrière grand père que les causes de son décès, je le découvre en poète. Je ne me souviens de mémère Valentine que comme d'une vielle dame souriante avec sa voix frêle et son chignon natté. Je me la représente à présent comme une jeune femme amoureuse.
RépondreSupprimerMerci beaucoup pour cet article. J'attends la suite avec impatience!
Pascaline NICHINI, arrière petite fille de Valentine, petite fille de Georgette, et fille de Christian.
merci Pascaline. Je suis très touchée par ton message. la suite arrive bientôt.
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RépondreSupprimerBeau travail. Très plaisant à lire. On attend la suite !
RépondreSupprimerMonique
Merci! Elle arrive bientôt!
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